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Votre toit est-il écologique ?

vert_ecologiqueContrairement à ce qu’on entend partout dans les médias, un toit vert n’a pas besoin d’être couvert de végétaux (ou végétalisé) pour être écologique.

Il y a plusieurs facteurs importants à considérer sur le plan environnemental et le toit végétal n’est qu’une petite composante de l’ensemble.

En faits, un toit végétalisé pourrait même devenir un problème environnemental si on le laisse sans entretien et qu’il devient un champs d’herbes à poux ou s’il faut l’arroser durant les périodes de canicule pour l’empêcher de sécher et de mourir.

Les critères environnementaux importants
Voilà les critères principaux qui détermineront si votre toit est écologique (vert):

1- La conservation de l’eau. Un toit vert permet de conserver l’eau de pluie et de la redonner au sol. En absorbant les pluies il réduit les débordements des égouts municipaux durant les fortes averses. Durant les faibles de pluies il peut tout absorber et réduire les besoins de traitement des eaux envoyées aux usines d’épuration des eaux usées.

2-Refroidissement de l’air et de l’eau. Un toit vert limite le réchauffement de l’air et de l’eau de pluie. Les toits qui captent la chaleur produisent un effet d’îlot de chaleur urbain autour de lui. Les îlots de chaleur augmentent les besoins en climatisation des immeubles et sont la cause de décès supplémentaires chez les personnes âgées. En utilisant un matériau réfléchissant, comme un toit blanc ou un toit végétal, on réduit les effets d’îlots de chaleur. Une pergolas projetant une ombre sur le toit peut aussi avoir cet impact.
En réduisant la température du toit on permet aussi de réduire le réchauffement de la pluie qui tombe sur les toits chauds. La pluie réchauffée se rend ultimement dans les cours d’eau et augmente leur température. L’augmentation de la température des cours d’eau de 1 ou 2’C peut activer davantage les produits chimiques qui s’y trouve ou réduire la fertilité des espèces aquatiques.

3-Réduction des déchets toxiques. Un toit vert est fabriqué d’un matériau durable, recyclé, recyclable ou compostable qui réduit la production de déchets et surtout de déchets polluants. Des tuiles de béton ou d’aluminium sont très durables et peuvent être recyclées, des tuiles de caoutchouc recyclé permettent de réduire l’enfouissement de cette matière. L’utilisation d’un bardeau d’asphalte garantie pour 50 ans réduit de moitié les déchets envoyés à l’enfouissement comparativement à des bardeaux économiques d’une durée de 25 ans.

4- Une faible énergie grise. Un toit vert consomme peu d’énergie durant tout son cycle de vie partant de l’extraction des matières premières à la fabrication, puis au transport, à l’installation et à l’usage (entretien), jusqu’à l’enlèvement, le transport des déchets et leur destruction. C’est ce qu’on appelle l’énergie grise associée au cycle de vie d’un matériau. Cependant, l’énergie consommée durant toute sa durée de vie doit ensuite être divisée par le nombre d’années de service pour le comparer avec d’autres produits ayant une autre durée de vie plus courte ou plus longue. Ainsi la fabrication de produits d’aluminium ou de béton obtiennent de bons points environnementaux dû à leur longévité malgré qu’ils demandent beaucoup d’énergie pour leur fabrication initiale.

5- Réduction des gaz à effet de serre. Un toit-jardin ou végétalisé pousse plus loin le concept de toiture écologique lorsque qu’il permet de cultiver des légumes biologiques à proximité de leur lieu de consommation en réduisant les gaz à effet de serre associés au transport de la nourriture.

La production de biomasse pour des fins de consommation permet aussi de retirer 0.7 livre de CO2 dans l’air pour chaque 10 livres de légumes produits. Un jardin potager contribue donc à la réduction des gaz à effet de serre et ultimement aux changements climatiques.

Yves Perrier