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Cohabitats de banlieue : sécurité, partage et économie

1-windsongLes cohabitats de banlieue ne sont pas un retour aux villages anciens ou aux communes hippies des années 70, ils sont une réponse futuriste aux défis sociaux, économiques et environnementaux du 21e siècle.

Il s’agit d’un regroupement de voisins ayant l’ autonomie d’une maison privée tout en développant un réseau d’entraide et de partage communautaire à proximité de leur domicile.
Il ne s’agit pas d’un quartier clôturé et sécurisé (gated community) comme on en voit aux États-Unis mais d’un îlot humaniste ouvert sur le quartier, où la sécurité vient de ses voisins plutôt que d’un gardien.

Le constat général des personnes vivant en cohabitat est qu’il brise l’isolement et apporte du bonheur à moindre coût. Pourquoi s’en passer ?

Plus petits pour avoir plus grand
2-banlieueLes cohabitats de banlieue ont typiquement de 20 à 35 maisons unifamiliales détachées ou en rangée ainsi qu’une grande maison commune faisant généralement de 2500 à 3500 pi.ca. de superficie.

Les habitations individuelles ont leurs propres cuisines, salle de bains et rangement mais elles sont généralement plus petites que la normale car le copropriétaire bénéficie en plus de l’usage de la maison commune où on retrouve: une cuisine communautaire avec grande salle à manger, un salon communautaire, un atelier de réparation, une buanderie, une grande salle de jeux pour jeunes enfants, une chambre d’amis pour la visite, du rangement supplémentaire, etc.

Pour les familles et multigénérationnel
3-suede-danemarkAu Canada, le cohabitat vise à favoriser les familles et l’intégration des aînés dans une proportion semblable à ce qu’on retrouve dans la société. On y retrouve aussi des couples de tous âges, des familles monoparentales, des gens de différentes ethnies.
Les principes de base des communautés actuelles vivant en cohabitat demeurent le respect de la démocratie, le désir de vivre ensemble dans un milieu plus pratique, aux liens sociaux étroits.

Pour cela, il est nécessaire de partager certaines valeurs fondamentales. Jusqu’ici, ce sont des valeurs humanistes, égalitaires et écologiques mais il n’est pas exclu de voir surgir des cohabitats axés sur une idéologie quelconque ou qui partagent d’autres valeurs.
Des cohabitats destinés aux retraités ainsi qu’à des communautés religieuses ou spirituelles existent aux États-Unis et au Danemark, et fonctionnent bien. D’autres pourraient naître pour des végétariens, des athées, des communautés ethniques, etc.

L’implication des membres
4-cuisineLes cohabitats sont généralement conçus et formés par les futurs membres par décisions démocratiques. Après sa construction, la gestion du cohabitat et de ses activités est aussi assurée par les membres. Les membres s’impliquent assez facilement dans les activités communes comme la cuisine, le jardinage, les fêtes et même l’entretien. Certains membres prennent plus naturellement les tâches administratives alors que d’autres sont plus à l’aise avec les tâches physiques.

La partie la plus difficile et la plus conflictuelle est la conception du projet. Partout dans le monde, en Suède, au Danemark, en Angleterre et aux États-Unis, plus de 50% des projets initiés ne voient pas le jour.

De la conception à la réalisation il peut se passer de cinq à dix ans, en fonction des obstacles rencontrés. Cette période est à la fois exaltante et frustrante pour les membres initiaux car elle ne va jamais assez vite et des décisions prises cinq ans auparavant par les membres fondateurs peuvent être renversées démocratiquement par des nouveaux venus.

Initier un projet est difficile
5-oaklandMême au Danemark, la patrie du cohabitat, seulement 0,5% des habitations sont sous cette forme de propriété. En Suède et au Danemark, la grande majorité des projets de cohabitats ont été initiés, structurés et supportés par les municipalités.

Depuis les années 2000, la formation de cohabitats a beaucoup régressé en Suède comme au Danemark, avec la venue de nouveaux gouvernements néo-libéraux moins enclins à supporter ces pratiques.

Nous vivons le même désengagement de l’état canadien face au logement social et aux coopératives d’habitation. Il semble donc que l’avenir des cohabitats est entre les mains des citoyens.

Design axé sur la communauté et le développement durable
6-forgebankLes copropriétaires d’un cohabitat de banlieue, de ville ou de campagne ont tout intérêt à viser une conception de développement durable axé sur le sentiment de communauté.
Pour cela, il est préférable de favoriser les déplacements à pied et reléguer les automobiles à un stationnement commun en périphérie.

La construction de maisons en rangée permet des économies d’énergies et réduit l’espace entre les unités individuelles et la maison commune, favorisant ainsi son utilisation.

Construire un ensemble immobilier d’un seul coup est aussi plus économique que de construire une habitation à la fois. L’utilisation de matériaux durables à faible entretien aura aussi un impact sur la bonne entente dans le groupe.

Voir aussi la vidéo suivante (en anglais): Forgebank Cohousing:

http://vimeo.com/69082380

Yves Perrier
2015-09-30

Par |septembre 30th, 2015|Cohabitats, Développement durable, Écodesign|0 Commentaire