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Malaisie: un village intelligent pour lutter contre la pauvreté

1vue-ensemblePartout dans le monde, les jeunes quittent les villages ruraux pour aller s’installer dans les villes où ils espèrent trouver un travail plus rémunérateur et plus intellectuellement stimulant afin d’améliorer leur sort et celui de leur famille.

Cette situation crée une pénurie de travailleurs agricoles, une perte de savoir-faire et une détérioration des terres agricoles qui laissées à elles-mêmes sont sujettes aux aléas du climat.

Cette situation se produit en Amérique où les petits agriculteurs sont remplacés par des méga-agriculteurs au profit de l’industrie alimentaire et au détriment de l’appauvrissement des sols. Dans les pays en développement, la situation est encore plus dramatique. C’est la sécurité alimentaire des habitants qui est en danger. Quand un habitant du Gabon mange des tomates en provenance d’Amérique du Sud il y a forcément quelque chose qui cloche.

Les pistes de solutions sont multiples: villages productifs, intelligents, branchés, autonomes ou écologiques. Les solutions sont différentes en fonction de la culture du milieu mais elles ont toutes un point commun; de regrouper les efforts individuels dans une direction bénéfique à l’ensemble de la communauté.

Des villages intelligents à la rescousse
2cultureLa solution la plus souvent évoquée pour palier à ce problème est la création de villages intelligents qui seraient à la fois bien branchés sur les technologies de communication et l’éducation tout en étant créateur de nourriture et de biens pour les grandes villes avoisinantes. C’est le cas de Rimbunan Kaseh, un nouveau village communautaire de l’état de Pahang situé au nord-est de Kuala Lumpur la capitale de Malaisie.

Ce “village intelligent” n’est pas nécessairement le modèle « universel » parfait pour la lutte contre la pauvreté mais il fait partie des solutions les plus intéressantes que je connaisse dans une optique de développement durable.

Le village est composé de 100 logements à prix abordables sur une superficie de 12 hectares et il inclue des centres éducatifs et de loisirs branchés. Il possède un système agricole en circuit fermé, qui fournit de la nourriture et du travail aux villageois.

Un travailleur peut ainsi gagner 500$ par mois ce qui est huit fois plus que la moyenne des habitants de la région.

Poissons, légumes et poulets
3aquacultureLa culture aquaponique constitue le revenu principal du village. L’aquaponie est la culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons. Ce sont les déjections des poissons qui servent d’engrais pour le végétal cultivé.

L’eau de l’élevage est envoyée dans un réservoir d’eaux usées qui sont filtrées puis réutilisées afin d’irriguer les arbres fruitiers, les champs de céréales et les légumes. On utilise des systèmes hydroponiques pour cultiver les légumes dans des pots individuels.

4hydroponiqueCes pots sont arrosés et fertilisés par le biais de détecteurs d’humidité qui apporte précisément la quantité d’engrais et d’eau nécessaire. Ainsi on utilise le minimum d’eau et d’engrais tout en éliminant le gaspillage de ressources. La culture en serre n’élimine pas le recours aux pesticides mais elle en limite les besoins.

Finalement, les légumes, les céréales, les restes de tables et autres denrées endommagées peuvent être jetés aux poules pondeuses ou aux poulets. Rien ne se perd.

Construction des maisons
5constructionDans le cas de Rimbunan Kaseh, les maisons furent construites en panneaux de polystyrène alvéolé et préfini en usine. Après le montage des panneaux, on rempli les trous verticaux de béton et on insère des tiges d’acier dans certaines alvéoles pour lier les panneaux ensemble et donner de la rigidité aux murs.

Le revêtement intérieur peut être facilement coupé pour insérer des conduits dans lesquels on insère le filage électrique. De même, on peut découper le polystyrène pour placer les boîtes électriques dans les panneaux.

6murs-panneauxCe système a plusieurs avantages. Les panneaux sont légers et faciles à manipuler sans équipement de levage, ils sont tous découpés en usine et numérotés pour accélérer leur montage sur les lieux et ils sont faciles à découper et à ajuster au besoin.
De plus, le polystyrène isole les maisons et les rend plus fraiches par temps chaud et plus chaudes par temps froid.

Le système a permis de construire chaque maison de 100 mètres carrés dans un délais de 10 jours seulement.

Celles-ci coûtent entre 16,000 $ et 20,000 $.
Elles peuvent être détachées ou semi-détachées.

Un exemple à suivre
7centre-commLa pauvreté matérielle côtoie, provoque ou entretien souvent la maladie mentale ou physique ainsi que la perte d’estime de soi et le sentiment d’impuissance face aux difficultés de la vie.

Jusqu’à maintenant, les témoignages des habitants de Rimbunan Kaseh semblent démontrer une grande satisfaction, une réussite matérielle mais aussi un réel espoir de se sortir du cercle infernal de la pauvreté.

Voir la vidéo sur Rimbunan Kaseh:

Yves Perrier
2015/09/30