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Les isolants sont-ils malsains ?

1cellulose_mursQuel paradoxe! Les maisons n’ont jamais été aussi saines pour la santé des occupants, mais ceux-ci s’en inquiètent de plus en plus. Les matériaux utilisés sont de plus en plus sains, les sources de polluants de moins en moins présentes et la ventilation mécanique permet une dépollution continue de l’air intérieur.

Depuis le « scandale » de la MIUF au début des années 80, de l’amiante dans la vermiculite et l’apparition du syndrome des tours à bureaux, les québécois s’inquiètent de la qualité de l’air dans leur maison.

Ces inquiétudes ne sont pas inutiles mais elles sont parfois très mal dirigées. On s’inquiète énormément des méchants produits chimiques dans les isolants industriels très contrôlés alors que ce sont surtout les moisissures et les bactéries dans les isolants dits « écologiques » qui sont inquiétantes.

La MIUF (Mousse isolante d’urée formaldéhyde)
Au début des années 80, on utilisa l’isolant en mousse plastique d’urée formaldéhyde pour l’isolation des murs des maisons. Lorsque l’isolant était posé à l’intérieur l’agent moussant qui s’en dégageait irritait les voix respiratoires durant plusieurs mois après sa pose et lorsqu’il était injecté à l’extérieur derrière les parements de brique il pouvait gonfler en présence d’eau et endommager les parois de maçonnerie. De plus, comme les murs n’étaient pas étanches, ils dégageaient une partie de leur formaldéhyde vers l’intérieur de la maison. La formaldéhyde est cancérogène ce qui augmentait à l’époque l’inquiétude des propriétaires. Si vos murs contiennent de la MIUF n’ayez aucune crainte, si vous ne la manipulez pas ses émanations sont aujourd’hui insignifiantes.

La vermiculite
2vermiculiteAu Québec, on a isolé des murs et des toits avec du vermiculite durant les années 70 et 80. La vermiculite est un isolant minéral en vrac qui ressemble à du popcorn gris, feuilleté et brillant.
Les isolants de vermiculite produits avant 1990 provenaient principalement d’un minerai extrait de la mine Libby au Montana qui pouvait contenir de l’amiante amphibolique. Les isolants de vermiculite produits après 1990 n’en contiennent pas.

Il faut éviter d’inhaler les poussières de vermiculite qui peuvent contenir de l’amiante. Généralement, la présence de vermiculite ne constitue pas un danger en soi. Il faut surtout éviter de déplacer l’isolant, ce qui envoie la poussière dans l’air. On recommande de sceller les ouvertures dans les murs et les plafonds contenant de la vermiculite pour éviter les infiltrations d’air pouvant transporter de la poussière de vermiculite.

Il est possible d’ajouter un isolant de cellulose sur un isolant de vermiculite, ceci ne peut être que positif car la cellulose réduira les mouvements d’air dans la vermiculite.

Par contre, les travaux doivent être faits sans déplacer l’isolant de vermiculite et le travail doit être fait par des professionnels munis de masques spéciaux (pas seulement de petits masques à poussière de plâtre).

Dans certains cas, l’entrepreneur préférera enlever la vermiculite par aspiration et la remplacer complètement.

Fibre de verre et cancer
3fibre_de_verreDurant les années 70 et 80, les isolants de fibre de verre portaient l’avertissement « Peut causer le cancer du poumon ». Cet avertissement fut par la suite éliminé parce que les craintes étaient non fondées. Cependant, beaucoup de gens craignent encore la fibre de verre qui est un isolant encore très répandu pour les murs des maisons.

Lorsqu’on installe et qu’on manipule la fibre de verre celle-ci peut causer des irritations de la peau, des yeux, du nez et de la gorge mais de nombreuses études réalisées au Canada comme dans plusieurs pays confirment que la laine de verre ne présente aucun danger pour la santé de la population ou des animaux.

Attention à l’étanchéité à l’air
Tous les isolants de cellulose, de fibre minérale, de polystyrène ou de polyuréthane peuvent libérer des composés organiques volatils (COV) ou même des poussières.

De manière générale, ces émanations sont extrêmement faibles et ne peuvent causer aucun malaise après leur pose car le pare-vapeur situé à l’intérieur bloque ces polluants qui sont envoyés à l’extérieur. Pour les personnes hypersensibles, l’important est de réaliser une bonne étanchéité à l’air des murs et du toit pour réduire les émanations vers la maison.

La ventilation mécanique
L’échangeur d’air de la maison permet de diluer la concentration de polluants dans l’air de la maison. Il est muni d’un ventilateur qui pousse de l’air frais dans la maison et d’un autre qui pousse l’air de la maison vers l’extérieur.

En réglant le ventilateur entrant un peu plus fort que le ventilateur sortant on met la maison en pression légèrement positive. Ceci a comme effet d’empêcher les polluants des murs extérieurs et de la cheminée d’entrer dans la maison. L’air intérieur pousse les polluants vers l’extérieur. On évite ainsi la contamination de l’air intérieur.

Les isolants naturels et les déchets
4murs_pailleContrairement à ceux qui rêvent d’isoler les murs de maisons avec des déchets, de la paille, du coton, de la laine de mouton, du chanvre, du bran de scie, des coquilles de sarrasin ou de n’importe quel matériau naturel ou recyclé, je redoute beaucoup plus la contamination bactérienne et les moisissures dans ces murs souvent mal scellés et portant en eux la source de contamination que dans des murs faits de matériaux synthétiques stériles.

Pour moi, il faut surtout éviter les isolants absorbants car la moindre infiltration d’eau peut conduire à une contamination importante de l’air intérieur.

Par Yves Perrier
2015-10-13

Par |décembre 13th, 2015|Construction durable, Écodesign, Materiaux sains|0 Commentaire