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Les maisons flottantes de IJburg

1_ijburg1La ville d’Amsterdam, dans les pays-bas, construit depuis quelques années un quartier résidentiel de banlieue entièrement bâti sur la mer. Le quartier IJburg est constitué d’îles artificielles mais une partie des habitations est tout bonnement déposée sur l’eau. Les maisons flottantes sont accessibles par des quais et malgré les difficultés techniques de construction, celles-ci coûtent moins chères que des maisons équivalentes à Amsterdam.

Jusqu’à maintenant quatre îles ont été construites et une soixantaine de maisons flottantes sont habitées. Le projet est un véritable laboratoire technique et social où les enjeux environnementaux et économiques se sont d’abord confrontés. Mais aujourd’hui, économistes et écologistes sont pleinement satisfaits. Le projet est une réussite sur les deux plans.

Des maisons flottantes
2_ijburg2Le quartier expérimente la construction de maisons flottantes en prévision de la montée des eaux. Les maisons flottantes sont bâties au centre des îles pour les protéger des mouvements des vagues.

Elles sont souvent construites sur mesure, avec de grandes baies vitrées donnant sur des terrasses et sont arrimées à un quai qui sert de voie de circulation entres elles.

Les maisons très légères sont préfabriquées au chantier naval d’Urk, à environ 70 kilomètres d’Amsterdam et apportées par voie maritime jusqu’à leur quai d’arrimage.

3_ijburg3La maison est construite sur une coque de béton léger. Elle est fixée à deux piliers solidement plantés dans l’eau, qui assurent sa stabilité tout en lui permettant de suivre le mouvement de l’onde.

Les propriétaires achètent l’emplacement sur l’eau pour une durée de 99 ans. Certains disent que le prix de revient au m² est d’environ la moitié de celui du centre de la ville d’Amsterdam.

Cela dit, il s’agit surtout d’un mode de vie plus relax où les bateaux et les vélos ne sont jamais loin ni les voisins. La proximité des voisins demeurent pour les uns un problème alors que pour d’autres elle participe au sentiment de communauté.

Un voisinage communautaire
4_ijburg6Même si les maisons sont construites sur un lac protégé les maisons flottantes demeurent susceptibles de tanguer légèrement en présence de vent. Jusqu’à maintenant, une seule famille est partie à cause du mal de mer.

D’autres apprécient la tranquillité des lieux même si les murs extérieurs sont très légers et peu insonorisés. Cela incite les occupants à faire le moins de bruit possible pour respecter la tranquillité des autres. Le sous-sol est dans la coque de béton léger, immergé de 1,5 mètres sous l’eau. Il demeure l’endroit le plus silencieux de la maison. Certains habitants, inquiets d’éventuelles fuites, auraient installé des détecteurs d’humidité, mais pour l’instant le tout tient le coup malgré la glace hivernale.

5_ijburg4Pour résister à l’humidité ambiante, les maisons sont faites de matériaux imputrescibles et résistants à la moisissure.

Une maison flottante de 1200 pi.ca. habitable (110 m.ca.) coûte environ 400 000$ et, comme tous les Néerlandais, les propriétaires louent le sol sur lequel ils habitent, pour cinquante ans, au prix de 120 000$.

C’est l’urbaniste du projet, Frits Palmboom, qui a proposé à la municipalité d’Amsterdam d’agrandir la capitale en construisant un archipel plutôt que de créer de nouveaux polder sur la mer en construisant de nouvelles digues.

Il aime à dire qu’avec IJburg, on ne fait plus reculer la mer, on s’invite dans la mer.

Un environnement bonifié
6_ijburg5Le projet IJburg fut considéré au départ par les écologistes comme une menace pour l’environnement mais il fait aujourd’hui l’unanimité.

Des réserves naturelles et des milieux vivants ont été créés à même les îles artificielles pour compenser le déversement de millions de mètres cubes de sable dans la mer. Des bancs de moules ont été créés qui attirent les oiseaux.

On constate aujourd’hui une plus grande biodiversité à IJburg et sur le littoral qu’avant sa construction il y a 15 ans. Dans les eaux claires et peu profondes (2 à 3 mètres) des lacs intérieurs on peut apercevoir des carpes et autres poissons comestibles pouvant êtres pêchés par les résidents.
Durant l’été, le lac est un lieu de baignade familiale directement accessible des quais.
Comme autre apport environnemental, une ligne de tramway relie le quartier à la gare centrale d’Amsterdam pour limiter au maximum l’usage de l’automobile au pays de la bicyclette.

Pour les pays pauvres
7_vietnam_maisonsLe concept de maisons flottantes est déjà répandu en Asie. Dans la baie de Ha Long au Vietnam j’ai observé plusieurs maisons flottant au-dessus de petites piscicultures faites à même la mer.

Par endroits, les maisons étaient rapprochées et reliées entre elles par des passerelles pour former de petits villages flottants.

Il s’agissait d’habitations très rudimentaires mais très bien adaptées à leur milieu et au mode de vie des pêcheurs et pisciculteurs.

Comme la montée des eaux du globe affectera principalement les pays en voie de développement toute expérimentation comme celle de IJburg permet d’apporter des idées, des questionnements et des solutions technologiques pour l’avenir des pays aux prises avec ce phénomène.

Yves Perrier
2015/09/30

Par |septembre 30th, 2015|Développement durable, Écodesign, Écoquartiers|0 Commentaire