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Harmmaby Sjöstad: l’écoquartier suédois modèle

1_espaces vertsHarmmaby Sjöstad est un des plus anciens écoquartiers au monde et il est devenu une référence européenne en développement durable. Situé au sud de Stockholm sa construction débuta en 1993 et la fin de sa construction est prévue pour 2017. À ce moment, il devrait contenir 11 000 logements et abriter 25 000 résidents.

Ce quartier était une ancienne zone portuaire et industrielle dont les terrains étaient fortement contaminés. La première étape des travaux fut de décontaminer les sols.

Harmmaby Sjöstad est souvent cité parmi les écoquartiers les plus technologiquement avancés mais il démontre aussi que la technologie à elle seule ne suffit pas pour atteindre les objectifs visés.

De plus, à 700 000$ pour un appartement de 1 000 pi.ca. Harmmaby Sjöstad demeure un quartier pour les classes moyennes et aisées.

Le transport
2_tramwaysLa valorisation du transport en commun, des véhicules moins polluants, des pistes cyclables et piétonnes ainsi que de l’autopartage constitue toujours la stratégie de transport des écoquartiers performants.

Réseau cyclable. Stockholm bénéficie depuis longtemps d’un réseau cyclable d’envergure et Harmmaby Sjöstad s’inscrit dans cette logique.
Transport en commun. Un réseau de tramways et d’autobus relie Harmmaby Sjöstad au centre ville. Les tramways sont électriques et les autobus fonctionnent au biogaz produit par le traitement des eaux usées. Durant l’été, une navette gratuite en bateau relie le quartier à d’autres quartiers de Stockholm.

Autopartage. Le service Sunfleet (Communauto suédois) offre des voitures à partager afin de réduire l’impact environnementale des voitures individuelles.

Restriction d’accès. Certaines régions du quartier sont interdites aux véhicules personnels. L’ensemble de ces mesures a permis de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre reliés au transport.

Gestion des déchets
3_dechetsLe recyclage est la base de la gestion écologique des déchets d’un quartier. C’est à mon avis le point le plus spécifique d’Harmmaby Sjöstad. Le quartier possède un réseau de collecte des déchets novateur. Les déchets sont déposés dans des bornes dédiées selon le type de déchet et sont aspirés par un système pneumatique qui les dirige au lieu de traitement.

– Les papiers, cartons, verres, métaux et plastiques sont dirigés vers un lieu de triage
– Les matières organiques sont transformées en compost ou combustible qui alimente une chaufferie de quartier pour la production de chaleur et d’électricité.
– Les déchets dangereux sont stockés de manière sécuritaire et éventuellement transformés.

Réduction de la consommation d’eau potable
4_voitureL’objectif du quartier était de réduire de 50% la consommation d’eau potable par rapport à la moyenne suédoise de 200 litres par personne et par jour. Malgré tous les efforts technologiques, la consommation n’a baissé que de 25%, à 150 litres par personne et par jour.

Cela confirme que l’apport de technologie ne suffit pas à créer un environnement durable : il faut aussi créer un milieu humain favorisant les changements d »habitudes.

Traitement des eaux usées
5_pistesIndépendamment du quartier Harmmaby Sjöstad, la ville de Stockholm traitent chaque jour 355 000 m³ d’eaux usées en provenance d’un million de personnes ainsi que des industries locales. Leur traitement produit 10 millions de mètres cubes de biogaz par an, utilisé pour le transport individuel et collectif.

La chaleur extraite de l’eau traitée est utilisée pour le chauffage et les boues résiduelles sont transformées en fertilisant pour les plantations et l’agriculture.

Les eaux de pluies sont traitées différemment selon qu’elles proviennent des eaux de ruissellements (chargées de particules minérales et organiques) ou des toits qui sont alors dirigées vers de petits bassins de rétention et de filtration.

Conservation d’énergie
6_densiteTous les bâtiments sont à faible consommation d’énergie. Des réductions d’énergie d’environ 35% ont été observées par rapport à d’autres quartiers. Cela est dû davantage aux bâtiments qu’aux occupants qui n’ont pas vraiment changé leur attitude de consommation en chauffage.

Une haute densité. Avec ses immeubles à 5 et 6 étages, il y a d’abord une haute densité d’occupation, ce qui réduit les pertes de chauffage et la climatisation.

Triple vitrage. Dans un tel contexte, les murs extérieurs sont essentiellement constitués de vitrage alors le triple vitrage est très important.

Production d’énergie renouvelable
7_vitrageÉnergie solaire. Plusieurs appartements ont été planifiés avec une orientation plein sud de la fenestration pour bénéficier d’une énergie solaire passive. Des panneaux solaires thermiques et photovoltaïques ont été installés sur les toits pour combler une part des besoins énergétiques.

Près de 40% des besoins en énergie du quartier proviennent d’énergies renouvelables en provenance de l’énergie solaire ainsi que du traitement des déchets et des eaux usées du quartier !

Une réussite technologique
8_urbanismeLe projet d’écoquartier Hammarby Sjöstad n’a pas atteint ses objectifs de 50% de réduction de consommation d’eau potable et de 50% de consommation d’énergie mais dans l’ensemble c’est une réussite technologique indéniable.

D’un point de vue social, le projet ne semble pas aussi rassembleur que l’écoquartier Vauban en Allemagne. Il manque un marché public et un mouvement communautaire fort pour le soutien des familles et des groupes économiquement faibles.

Personnellement, je trouve que l’architecture contemporaine du quartier manque de chaleur et son urbanisme très uniforme manque de points forts, de repères identitaires. Malgré l’omniprésence de l’eau et ses espaces verts à la composition toujours étudiée, Hammarby Sjöstad est peut-être à l’image de la Suède et des Suédois; trop également parfait et contrôlé. Quand même la nature manque de naturel, on perd le sentiment de liberté.

Yves Perrier
2015/09/30

Par |septembre 30th, 2015|Développement durable, Écodesign, Écoquartiers|0 Commentaire