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VRC ou VRE ? : au Québec le VRC est le meilleur échangeur d’air !

echangeur de chaleurPartout au Québec, les maisons neuves construites depuis août 2012 doivent être munies d’un système de ventilation mécanique à récupération de chaleur.

Or, il existe deux systèmes de récupération de chaleur qui gèrent l’humidité de manière pratiquement opposée: en hiver, le VRC réduit davantage le taux d’humidité de la maison que le VRE et en été c’est le contraire, le VRC augmente davantage le taux d’humidité que le VRE. Comme l’humidité est un facteur déterminant sur le confort physiologique et la santé des occupants que doit-on favoriser?

Échangeur d’air: VRC ou VRE?

Le VRE est préférable dans les climats chauds et humides du Sud des États-Unis mais pour le Canada le VRC est nettement un meilleur choix.

La grande différence
noyaux vrc vreLes deux systèmes ont des ventilateurs à double flux avec un noyau qui transfère la chaleur de l’air vicié sortant à l’air pur entrant afin de récupérer une partie de la chaleur de la maison. La seule différence est dans la nature du noyau.

Le ventilateur récupérateur de chaleur (VRC) a un noyau d’aluminium étanche à l’air et à l’humidité. Il n’y a pas d’échange d’humidité entre l’air sortant et l’air entrant.

Le ventilateur récupérateur d’énergie (VRE) a un noyau étanche à l’air mais perméable à l’humidité. Il y a un échange d’humidité entre l’air sortant et l’air entrant.

Les conséquences
Le VRC. En hiver, le VRC expulse l’humidité de l’air intérieur et une autre partie se condense et s’égoutte vers un drain de la maison. Ceci a pour effet d’assécher l’air intérieur mais il est possible de contrôler le taux d’humidité en utilisant le VRC de manière intermittente plutôt que de manière continue.
En été, lorsque la maison est climatisée et que le taux d’humidité extérieur est élevé, le VRC laisse entrer beaucoup d’humidité à l’intérieur, ce qui augmente les coûts de climatisation et de deshumidification.

Le VRE. En hiver, le VRE transmet une partie de l’humidité de la maison à l’air entrant. Une autre partie de l’humidité est expulsée et une autre se condense et est dirigée vers un drain comme le VRC. Ceci a pour effet de moins assécher l’air intérieur et de maintenir davantage le taux d’humidité dans l’air de la maison.
En été, une partie de l’humidité en provenance de l’extérieur sera absorbée par l’air sortant et réduira l’apport d’humidité vers la maison. Selon une étude récente du Conseil national de recherche du Canada (CNRC), lorsque la maison est climatisée, ceci permettrait l’économie de 12% en climatisation/déshumidification comparativement à un VRC durant les quelques semaines chaudes et humides.

Cependant, le CNRC ajoute que le VRE crée aussi une légère contamination de l’air entrant par les polluants de l’air sortant pouvant aller jusqu’à 10% pour les meilleurs VRE et davantage sur les moins bons VRE ou ceux qui sont mal entretenus. Techniquement, cela signifie qu’il faudrait augmenter la ventilation de 10% durant toute l’année pour obtenir la même qualité d’air. Le VRC serait alors plus économique en chauffage que le VRE.

Pour les maisons non climatisées, il n’y a pas de différence en été car ces systèmes sont généralement fermés pour ouvrir les fenêtres, le choix se fait donc sur les conditions hivernales.

Échangeurs d’air: La gestion de l’humidité en hiver

Généralement, les petites maisons (moins de 2000 pi.ca. habitable) habitées par une famille de 4 personnes et plus, auront un surplus d’humidité que le VRC aidera à éliminer pour maintenir un taux d’humidité approximatif de 40%, ce qui est idéal pour l’habitation et ses occupants. Dans ce cas, le VRE aurait tendance à maintenir un taux d’humidité plus élevé, soit au-delà de 45%.

Pour les grandes maisons ou les maisons peu occupées, le VRC peut faire chuter le taux d’humidité sous 35% s’il est utilisé de manière continue 24 heures sur 24. Ceci obligerait l’installation d’un humidificateur. Voilà pourquoi certaines entreprises recommandent d’utiliser le VRE afin de ne pas trop assécher l’air en hiver.

Dans ce cas, je recommande plutôt de réduire les changements d’air du VRC lorsque la maison est inoccupée afin de ne pas trop assécher l’air et de réduire les pertes de chaleur. Lorsqu’il n’y a personne, un fonctionnement intermittent de 20 minutes par heure suffit pour maintenir une bonne qualité d’air.

Échangeurs de chaleur: les deux avantages du VRC en climat froid

La compagnie canadienne AIRIA brands Inc, fabricant des excellents VRC et VRE Lifebreath, stipule clairement que les VRE ne devraient pas être utilisés dans les régions où la température peut descendre en dessous de -4’C (25’F) pendant plus de cinq jours consécutifs. L’entreprise les recommande seulement dans le Sud des États-Unis où la climatisation est la dépense énergétique principale. Dans les climats froids, les noyaux des VRC sont plus efficaces et plus durables.

Plus efficaces. Un VRC à plaques d’aluminium est plus conducteur de chaleur qu’une membrane perméable donc plus efficace à la transmission de chaleur.
De plus, l’aluminium provoque davantage de condensation. Le changement de phase de vapeur à liquide provoque un dégagement de la chaleur latente qui est transférer par la plaque d’aluminium.
Finalement, durant les grands froids, le VRC givre seulement du côté du flux sortant alors que le VRE givre sur les deux côtés. Le VRC sera moins long à dégivrer et demandera moins d’énergie.

Plus durable. Contrairement au noyau d’aluminium qui est permanent, la membrane perméable du VRE s’altère avec les années. On doit prévoir changer le noyau à tous les dix ou douze ans environ. En effet, le transfert d’humidité se fait par un processus chimique d’absorption et d’évaporation qui se contamine avec le temps réduisant ainsi son efficacité. Cette détérioration de la membrane affecte aussi son action antibactérienne alors après dix ans il est fort possible que des bactéries se forment et contaminent l’air intérieur.

VRC ou VRE: attention à la qualité des produits

On le voit, le VRC est nettement un meilleur choix économique pour les économies d’énergies et les frais d’entretien.
Il faut dire aussi que l’efficacité de bon nombre de VRC et de VRE est seulement testée pour une température de 0’C. Souvent l’efficacité de ces produits chute drastiquement en bas de -10’C. Dans un climat froid, exigez des produits testés pour des températures de 0’C et -25’C. Vous verrez la différence.

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Yves Perrier
2016-01-13