Murs-verts. Depuis déjà plusieurs siècles au Canada, on réalise des murs « verts » ou plutôt végétalisés simplement par l’usage de vignes vierges, de lierres ou d’autres plants grimpants rustiques comme le houblon. Les murs couverts de plantes grimpantes font ombrage sur les parements extérieurs de maçonnerie et contribuent à réduire le phénomène d’îlot de chaleur urbain au même titre que les toits verts mais à un coût incomparable, voire nul, car leur multiplication à partir d’un plant mère est extrêmement simple.murs-verts vignes

La croissance rapide de ces espèces permet aussi d’absorber le CO2 dans l’air (réduisant l’effet de serre) et de créer un air plus sain. De plus, ce sont généralement des plants qui exigent peu de soins, s’accommodant de sols pauvres et qui résistent à la sécheresse ainsi qu’aux maladies. On le voit aisément, la vigne vierge rustique est idéale pour la réalisation de murs verts.

Murs-verts: La vigne protège la maçonnerie

murs-verts vignes grimpantsMurs-verts. Des croyances populaires attribuent des dommages aux parements par la vigne vierge. On croit qu’elle endommage les joints de mortier des murs de maçonnerie en y maintenant de l’humidité et en s’infiltrant dans les fissures. En fait, la vigne protège la maçonnerie du soleil et des orages en été et elle ne peut aucunement endommager des joints de mortier en bon état. Cependant, il est vrai que ses racines peuvent pénétrer dans les joints déjà ouverts ou effrités, ce qui donne l’impression que ce sont les racines qui endommagent les joints.

Avant de faire grimper de la vigne sur un mur de maçonnerie il faut donc s’assurer que les joints sont durs et en bon état. En effet, la vigne peut cacher les problèmes d’un parement. Si les joints sont friables et fissurés la vigne les recouvrira et l’eau continuera de dégrader les joints et l’ensemble du parement de briques. À la longue, par manque d’entretien, le parement se détachera de la structure de bois et peut s’effondrer.

Le houblon (Humulus lupulus) est aussi un excellent choix. Très rustique (zone 2 à 4 selon les cultivars) et de croissance rapide, résistant aux insectes et aux maladies, ses tiges volubiles peuvent atteindre de 5 à 10 mètres de long. C’est une espèce dioïque, c’est à dire qu’il y a des plants mâles et des plants femelles. Si vous ne voulez pas de fruits (qui attirent les oiseaux), optez pour des plants mâles seulement.

Murs-verts: L’utilisation d’un treillis

vigne treillis murs vertsMurs-verts. Certains grimpants sont munis de suces qui les font coller à tous types de parement, même l’aluminium et le vinyle. D’autres grimpants nécessitent un treillis pour s’agripper. Les propriétaires peuvent alors réaliser un treillis qui sera facile à enlever si des réparations sont nécessaires sur le mur extérieur. Ce treillis peut être fait de bois traité, de PVC ou d’acier inoxydable.

Une plante rustique très résistante

Parmi les murs-verts les plus résistants, la vigne vierge est une plante rustique très résistante au gel, à la sécheresse, aux insectes et aux maladies. Elle n’a besoin d’aucun entretien et elle est magnifique au printemps, en été et en automne où elle se pare de couleurs rouges flamboyantes. Elle couvre plusieurs immeubles de Montréal depuis des décennies en montant parfois sur quatre étages. Comme elle est très commune et qu’elle est extrêmement facile à reproduire à l’aide de simples branches coupées et plantées en pleine terre en automne, vous pouvez en obtenir gratuitement auprès de vos voisins et en offrir ensuite à vos amis.

Une plante qui réduit les gaz à effet de serre
Étant à croissance rapide, la vigne vierge et le houblon fixent le CO2 dans leurs tiges et contribuent à réduire les gaz à effet de serre au même titre que les arbres mais à un moindre niveau.

La vigne vierge sur les toits ?
toits verts vigne La vigne vierge est aussi une solution potentielle pour la réalisation de toits végétalisés extensifs légers, peu coûteux et sans entretien.
On pourrait planter de la vigne vierge rustique dans des bacs isolés sur les toits pour que les vignes les recouvrent rapidement.

Pour être certain que les vignes n’endommageraient pas le toit, on les ferait grimper dans des grillages légers tendus à 6 pieds au-dessus du toit. C’est la limite permise pour les éléments construits au-dessus des toits à Montréal.

Côté entretien, les feuilles ne causeraient pas de problème car en séchant elles seraient vite soulevées par les vents et tomberaient au sol. Celles qui resteraient seraient bloquées par un grillage entourant les drains.

La vigne ne serait pas en contact avec les membranes et créeraient de l’ombre sur les toits pour les protéger contre leurs pires ennemis: la chaleur et les rayons UV.

En hiver, les bacs et les treillis ne créeraient pas d’obstruction au vent et ne favoriseraient pas l’accumulation de neige.

Malheureusement, cette approche n’a encore jamais été tentée, mais à priori, elle serait beaucoup moins coûteuse que l’utilisation de lichens et autres mousses.

Par Yves Perrier
2015/11/02