1mur_vertLes murs végétalisés extérieurs représentent un élément architectural assez spectaculaire qui a un impact non négligeable sur le verdissement des quartiers urbains.

Dans les villes européennes comme Paris, les murs végétalisés offrent de la verdure et de la fraîcheur dans des environnements souvent exempts d’arbres et de parterres verdoyants.

Le climat tempéré des villes européennes est aussi propice à ce foisonnement de verdure sur les murs.

Cependant, pour Montréal et les villes américaines qui ne manquent pas d’espace pour planter des arbres, ceux-ci demeurent plus utiles, plus efficaces contre les îlots de chaleur urbains, beaucoup moins coûteux et beaucoup plus résistants au gel et à la sécheresse.
Les vignes vierges et autres grimpants rustiques sont aussi préférables aux murs végétalisés qui demeurent davantage des curiosités décoratives que de véritables apports environnementaux à la ville.

L’oeuvre remarquable de Patrick Blanc
2mur_vegetalLe chercheur français Patrick Blanc du CNRS a réalisé depuis 1986 plus de 200 jardins verticaux partout dans le monde.

À la fois botaniste et artiste, il réalise des oeuvres végétales magnifiques qui transforment les environnements urbains en îlots de verdure.

Dans le contexte des villes à haute densité en manque de verdure le concept de mur végétalisé est réellement une technologie bienfaisante et un plaisir pour les yeux et le coeur.

De manière générale, il est possible d’utiliser des eaux grises pour l’arrosage des plantes et réduire le gaspillage d’eau pour leur croissance.

Les murs verts au Canada
Le domaine des murs verts végétalisés extérieurs est un sujet moins répandu que les toits verts végétalisés au Canada et leurs avantages sont moins évidents sous notre climat.

D’abord, parce que les villes canadiennes disposent davantage d’arbres dans les rues que les villes européennes, ce qui réduit la nécessité des murs verts.
Deuxièmement, parce qu’ils sont coûteux et qu’ils peuvent être remplacés avantageusement par des vignes grimpantes.

Troisièmement, parce qu’ils sont peu utiles pour la culture de nourriture ou pour la réduction des gaz à effet de serre. En effet, les murs végétalisés sont généralement conçues de plantes à faible croissance qui captent peu de CO2.

Finalement, parce qu’ils sont relativement fragiles à la sécheresse s’ils ne sont pas bien arrosés en période de canicule (gaspillage d’eau en période de sécheresse), ainsi qu’aux très grands froids car ils n’ont pas de protection hivernale(contrairement aux toits végétalisés couverts par la neige).

Y a-t-il des avantages?
3maison_biosphereLes murs verts extérieurs représentent une très belle opportunité pour bonifier l’environnement dans certains lieux urbains où la végétation est rare.

Selon moi, ce n’est pas un concept aussi intéressant à généraliser que les toits végétalisés. D’un point de vue environnemental, la vigne grimpante est aussi intéressante tout en étant beaucoup plus simple, très économique et très résistante aux maladies et aux variations extrêmes du climat.

Compte tenu de son prix, pour avoir des avantages sur la vigne grimpante, le mur végétal devrait pouvoir:
– capter beaucoup plus de CO2
– produire de la nourriture
– utiliser de l’eau grise ou réduire les besoins d’arrosage
– être à faible entretien (surtout au troisième étage)
– ombrager une grande superficie des murs extérieurs pour contrer l’effet d’îlot de chaleur urbain

4mur_vert_grisDes expériences peu convaincantes
Certaines expériences en matière de murs verts végétalisés à Montréal montrent les difficultés de maintenir une bonne vitalité des plantes.

Malgré l’été le plus pluvieux des 50 dernières années en 2008, les murs de la maison témoin près de la biosphère étaient desséchés en septembre 2008, quelques mois après leur installation.

D’autres murs, utilisant une autre technologie ont connus le même sort dans le Vieux-Montréal l’été précédent.

Il est probable qu’avec quelques années d’expérimentations on perfectionnera les technologies et le choix des plantes pour réaliser des murs végétalisés viables au Canada.

Mais il reste encore à démontrer leur utilité réelle d’un point de vue environnemental.

Les murs verts intérieurs
Il faut distinguer l’utilisation des murs verts intérieurs des murs verts extérieurs. Les murs verts intérieurs ont plusieurs intérêts:
– ils peuvent dépolluer l’air intérieur de ses produits chimiques nocifs et de mauvaises odeurs: toluène, formaldéhyde, benzène, monoxyde de carbone, xylène, ammoniac, etc…
– ils peuvent créer un environnement naturel agréable et fournir une humidité bienfaisante dans des endroits parfois froids et déshumanisés.
– ils enlèvent l’écho dans les corridors et les grands halls d’entrée

mur_vertCependant, les systèmes de murs végétalisés intérieurs sont encore peu courants au Canada. Le mur vert haut de 5 étages installé à la Maison du développement durable à Montréal a eu quelques problèmes de croissance. Plusieurs variétés de plantes sont mortes et à l’été 2015 le mur était partiellement découvert à plusieurs endroits.
Pour l’instant, son efficacité pour l’assainissement de l’air intérieur n’a pas été démontrée. En ce sens, c’est un concept très coûteux dont la beauté est la principale qualité.

Yves Perrier
2015-10-29