_prefabriqueTerminé en 2018, le projet de logements abordables Dortheavej pourrait devenir un des projets phare pour la préfabrication d’habitats multilogements économiques en climats froids.

Il s’agit d’un complexe pour des résidents à faible revenu composé de modules usinés empilés les uns sur les autres qui rappelle la construction en conteneurs maritimes, mais là s’arrête la comparaison.

Le bâtiment de cinq étages construit pour l’organisme de logements à but non lucratif Lejerbo, est fait de modules faits sur mesures pour répondre aux exigences d’un logement de qualité sans oublier son efficacité énergétique et son insonorisation.
_modulesConstruire avec des modules usinés et standardisés
L’immeuble abrite 66 nouveaux logements dont la superficie varie entre 60 et 115 mètres carrés. Chacun a des plafonds de 3,5 mètres de hauteur, des fenêtres pleine hauteur et des balcons orientés au sud.

Les architectes ont eu le génie d’utiliser les modules pour créer une sorte de damier où le plafond des uns devient le plancher des autres.

Cette approche a permis de réaliser un immeuble sous forme de mur sinueux qui s’adapte à la forme du terrain. La courbe de l’édifice crée une place d’entrée rassembleuse donnant sur la rue et qui sert naturellement de place publique ou plus pratiquement de stationnement pour les bicyclettes.

_cheminCréer un passage, s’intégrer au quartier
L’entrée de l’immeuble se fait via trois passages où peuvent circuler les citoyens du quartier. La construction vient ainsi s’insérer dans le paysage urbain existant sans bloquer le passage et en refermant un espace arrière qui forme une cour intérieure.

Cet immeuble devient ainsi un élément positif dans le quartier en bloquant les vents et en sécurisant ce terrain vague. En faits, étant situé dans une zone de bâtiments industriels vétustes, ce projet est venu revitaliser le quartier.

Le même principe pourrait s’appliquer dans un milieu naturel ou on voudrait s’adapter à une forêt ou à la topologie du site en suivant, par exemple les courbes de niveaux naturelles du sol.

_entreeUne architecture simple et écologique
Avec ses balcons et ses grandes fenêtres orientées du côté Sud, le projet profite de l’énergie solaire passive. Avec ses planchers de bois et ses plafonds de béton agissants comme masse thermique, les immeubles peuvent bénéficier de cet apport d’énergie gratuite sans subir trop de surchauffe estivale.
D’autant plus que les balcons font partiellement ombrage sur les grandes fenêtres du dessous tout en créant une façade dynamique par sa profondeur.
Par une bonne planification, la construction modulaire usinée permet aussi de réduire fortement les déchets de construction et leur recyclage.
_interieurs

Des matériaux nobles et durables

Avec son revêtement de bois prédominant, ses grandes surfaces de verre et l’usage du béton comme finition, l’immeuble utilise des matériaux durables et/ou naturels afin de minimiser l’impact environnemental de la construction à long terme.

_design

Un projet modulaire exemplaire

Trop souvent, les architectes conçoivent des immeubles et essayent ensuite d’en faire usiner la fabrication. Dans ce cas, la firme d’architecture est réellement partie d’un module standardisé pour en faire une technologie de construction économique.

Le défaut majeur du concept
En empilant les modules en damier, avec des pleins et des vides, on crée des dénivellations importantes de plancher d’un module à l’autre. Cette élévation nécessite l’installation de deux marches qui rendent l’accès universel impossible. Dans le contexte du vieillissement de la population, ce défaut du design demeure un frein important pour la généralisation du concept.
Au Québec, il serait inapproprié. Il faudrait trouver une solution où les planchers seraient au même niveau.

Par Yves Perrier
2018/10/10