coop habitation durable1.0 Un bâtiment vert ?
2.0 Gestion des ressources
3.0 Gestion de l’eau
4.0 Protéger la qualité de l’air
5.0 Apports en énergies propres
6.0 Choix de site écologique
7.0 Choix d’immeuble écologique
8.0 La coopérative d’habitation
9.0 Immeubles existants
10.0 Choix de produits et services
11.0 Assurer une qualité d’air
12.0 Construction neuve
13.0 Environnement, biodiversité
14.0 Conclusions

Dans la littérature on retrouve les termes bâtiment vert, bâtiment durable, construction écologique, maison saine, etc. On peut distinguer des axes plus prononcés comme l’utilisation de matériaux naturels, l’absence d’émanations de polluants, l’usage de matériaux permanents et sans entretien, l’autonomie énergétique ou la production alimentaire, mais ce qui rassemble toutes ses orientations écologiques c’est: l’absence de rejets dans l’environnement.

1.0 Qu’est-ce qu’un bâtiment vert ?
2trois_axes
Le bâtiment durable idéal ne créerait aucun rejet polluant à partir de la création de ses matériaux jusqu’à sa destruction:
– ses matériaux proviendraient de ressources renouvelables locales, bien gérées pour ne pas s’épuiser et seraient recyclés à l’infini ou compostables.
– il produirait l’énergie nécessaire à son fonctionnement sans polluer l’air ou l’eau
– les résidus produits par l’activité quotidienne de ses occupants seraient transformés sur place en ressources réutilisables.
– l’immeuble ne créerait pas de conditions nocives pour la santé humaine tels que des champs électromagnétiques, ni pour l’environnement naturel.

Cela dit, toutes ces conditions se regroupent sous 3 axes principaux: les ressources, l’eau et l’air.
Les actions positives pour le développement durable sont:
1- Réduire les rejets de ressources (matériaux et énergie)
2- Réduire les rejets contaminant l’eau (aussi dans le sol, ce qui contamine l’eau)
3- Réduire les rejets nocifs dans l’air (intérieur et extérieur)

2.0 Les ressources: utilisation écologique des matériaux et de l’énergie
Les ressources sont de deux types: matérielles et énergétiques. Dans les deux cas, il s’agit de préserver les ressources non renouvelables en créant des produits durables qui pourront être réutilisées à la fin de leur vie même si celle-ci est longue.

Les matériaux et équipements. La première action écologique est de prolonger la durée de vie utile des matériaux et des équipements, à la fois par un bon entretien et par l’achat de produits plus durables. Un bardeau d’asphalte qui dure 50 ans plutôt que 25 ans permet de réduire de moitié la quantité de ces déchets envoyés dans les centres d’enfouissement chaque année. De même, des équipements sécuritaires permettent de conserver des chauffe-eaux pour plus de 20 ans alors que la norme est de les jeter après 10 ou 12 ans. Dans les deux cas, il s’agit de bénéfices autant économiques que écologiques. Voir chauffe-eau durable.
La deuxième action est le recyclage. Il s’agit de réutiliser des matériaux et des équipements, de les recycler ou d’acheter des produits fabriqués à partir de matériaux recyclés. Des organismes de recyclages comme Estrie Aide font un travail remarquable à ce sujet.

L’énergie. La production d’énergie à partir de ressources renouvelables comme l’hydro-électricité, l’énergie solaire ou l’énergie éolienne est plus écologique que l’utilisation des ressources non renouvelables, mais elle n’est pas sans causer un tord à l’environnement car il s’agit de technologies qui causent des désordres environnementaux ou qui ont une durée limitée et qui ne sont pas encore recyclables.
En ce sens, l’énergie la plus propre est celle qu’on ne consomme pas et qu’on a pas besoin de produire. Toute réduction de la consommation d’énergie est un bienfait environnemental. Voir nouvelles normes d’isolation.

3.0 La gestion de l’eau
La ressource en eau potable au Québec est bien différente d’une ville à l’autre, mais généralement elle est d’aussi bonne qualité que l’eau embouteillée. Selon une étude récente, l’eau potable de Sherbrooke serait la meilleure de toute l’Amérique du Nord. Malgré tout, une étude de 2018 démontrent que des microparticules de plastique sont présentent dans l’eau potable de nombreuses villes et aussi dans l’eau embouteillée.

Généralement, l’eau potable provient du fleuve ou d’une rivière. Dans ce cas, elle est pompée, filtrée, traitée, transportée, utilisée, refiltrée, retraitée (partiellement) et retournée à la rivière. Il n’y a pas de perte réelle d’eau, mais l’eau est polluée par le lavage, les toilettes, la nourriture, les cosmétiques et tous les produits d’entretien jetés à l’égout. Malgré la dépense énergétique importante pour la distribution et le traitement de l’eau, dans ce cas, la consommation d’eau n’est pas le vrai problème, mais ce qu’on jette dans l’eau qui modifie l’habitat naturel des cours d’eau.

Pour les municipalités dont l’eau potable provient des nappes aquifères profondes le problème de la consommation d’eau s’ajoute à celui de la pollution. En effet, le renouvellement des nappes aquifères profondes peut prendre 30 ans à partir de son pompage. Dans ce cas, une utilisation excessive peut épuiser la ressource.

Une bonne gestion de l’eau potable passe par une consommation responsable de cette ressource, mais avant tout par la protection de sa qualité. L’eau est le véhicule de tous les éléments nutritifs des plantes qui constituent le début de notre chaîne alimentaire. Une eau polluée produira une nourriture moins saine pour notre consommation ainsi que pour tout le monde vivant. En ce sens, il est important de ne pas trop en consommer, mais il est surtout important de ne pas la polluer par des rejets toxiques ou physiques pouvant modifier la nature de l’eau comme la présence de microparticules de plastique qui sont ingérées par la faune marine.
Solutions. L’utilisation de toilettes à double capacité réduit la consommation d’eau potable d’environ 10%. Les diffuseurs économiseurs d’eau froide et d’eau chaude réduisent aussi la consommation d’eau et d’énergie d’environ 10%. Le programme Econologis permet aux familles à faible revenus de bénéficier de divers économiseurs d’eau et d’énergie gratuitement. Voir ACEF Estrie.

Note: les toilettes utilisent près de 40% de l’eau potable consommée. De nombreux produits cherchent à réduire cette consommation: toilettes à compostage, urinoirs sans eau et plus récemment la Fondation Bill Gates a mis des millions de dollards dans la recherche de toilettes économiques sans eau. Pour le moment, ces essais se sont avérés trop coûteux ou peu appréciés pour ce qui est des urinoirs sans eau. Voir urinoirs sans eau.

terrains stationnementsL’eau de pluie qui tombe sur l’asphalte chaud ou les toits chauds est directement acheminée vers les égouts, les usines d’épuration et les cours d’eau. Ceci cause trois problèmes:
1- L’eau n’est pas absorbée par le sol et ne contribue pas à maintenir le niveau naturel des nappes phréatiques de surface et en profondeur.
2- L’eau réchauffée au contact des surfaces chaudes et polluées va, au final, réchauffer et polluer les cours d’eau modifiant l’habitat naturel de la faune marine.
3- En apportant subitement une grande quantité d’eau supplémentaire mélangée aux eaux usées, les usines d’épuration ne peuvent pas faire un traitement adéquat des eaux usées.
Solutions. La création de bassins de rétention de l’eau de pluie, de stationnements perméables à l’eau et de réservoirs d’eau de pluie reliés aux toits permettent de réduire ces méfaits. Pour ce qui est des stationnements perméables,  les dalles alvéolées ne sont pas un bonchoix si elles sont exposées au soleil.Voir dalles alvéolées.

4.0 Protéger la qualité de l’air
En hiver, l’air de nos maisons, de nos institutions, des immeubles commerciaux ou des usines est de cinq à dix fois plus pollué que l’air extérieur. C’est normal, car nous prenons l’air extérieur et nous lui ajoutons le CO2 produit par notre respiration, ainsi que des centaines de produits chimiques différents provenant des matériaux, équipements, machines, cosmétiques, parfums, produits d’entretien et des émanations gazeuses provenant du sous-sol comme le radon.
À cela, il faut ajouter les particules physiques comme la poussière, le pollen, les poils ou les spores de moisissures qui s’accumulent au plancher et se mettent à voltiger dans l’air dès que nous nous déplaçons dans la maison.

En faibles doses, ces polluants créent rarement des problèmes immédiats de santé, mais en plus grande concentration, ils peuvent créer des nausées, maux de têtes, toux ou irritations de la peau. Ils peuvent aussi rendre très malades certaines personnes devenues intolérantes à ces produits. On appelle ces gens les hypersensibles, et ils sont de plus en plus nombreux à réagir fortement aux cocktails de produits chimiques que nous respirons tous les jours.

La présence de moisissures toxiques est de loin le problème le plus inquiétant car on les retrouvent souvent en grandes concentrations dans les murs extérieurs ou dans les planchers des sous-sols. Ces moisissures peuvent rendre les occupants très malades en peu de temps.
La présence d’un haut taux de radon est aussi inquiétante, mais surtout sur le long terme.

Toutes les actions visant à réduire la production de polluants intérieurs sont les bienvenues. Tous les systèmes de dépollution de l’air comme la ventilation mécanique, le traitement de l’air par les UV ou les filtres à poussières fines sont utiles. Il faut éviter d’utiliser des produits masquant avec des parfums qui ne font qu’ajouter des polluants irritants dans l’air.

Réduire les rejets polluants dans l’air extérieur. On sait que les poêles et foyers au bois peuvent créer un smog urbain important et très irritant pour les voies respiratoires. On sait aussi que les systèmes de chauffage au mazout ou au gaz naturel émettent des gaz à effet de serre contribuant au réchauffement planétaire.
Solutions. Ces systèmes ne devraient pas être utilisés comme source de chauffage principale, sauf peut-être à la campagne pour la sécurité et la récupération du bois.
On peut planter des arbres à feuilles caduques qui portent ombrage sur les fenêtres en été et laissent entrer le soleil en hiver. Ces arbres réduisent les îlots de chaleur urbain, filtrent les polluants atmosphériques, captent le CO2 dans leur bois et participent à la biodiversité dans les airs et dans le sol. Le choix des essences d’arbres a son importance pour réduire la production de pollen et assurer leur survie en milieu urbain.

5.0 Apports en énergies propres
Le Québec bénéficie d’énergie renouvelable grâce à l’hydro-électricité. Cependant, cette énergie n’est pas infinie ni sans conséquences environnementales et les besoins en énergie continuent d’augmenter. La venue des véhicules électriques, entre autres, viendra créer une demande importante en électricité qui était auparavant assurée par le pétrole.

Il faudrait donc réduire notre demande en électricité pour les fonctions actuelles ou produire davantage d’électricité avec d’autres sources d’énergies renouvelables.

Se mettre en mode réduction d’énergie. L’énergie la plus propre étant celle que l’on ne produit pas, la réduction de la consommation d’énergie par l’isolation et l’étanchéité des habitations est la première action à poser. En ce sens, tous les isolants sains et efficaces sont écologiques car ils réduisent la consommation d’énergie. L’isolation et l’étanchéité concernent les fondations, les murs, les toits ainsi que les portes et fenêtres. Voir isolants écologiques.

Il existe ensuite des technologies qui produisent davantage d’énergie que l’énergie qu’ils consomment. On les appelle les thermopompes. Une thermopompe consomme 1 kilowatt d’électricité pour produire 2 à 3 kilowatts de chaleur. Chaque thermopompe enlève donc de 1/2 à 2/3 de l’énergie requise pour le chauffage et la climatisation des immeubles et comme elle fonctionne à l’électricité, elle ne rejette aucun polluant durant sa vie active. Voir choix de thermopompes.
Les thermopompes les plus efficaces vont jusqu’aux 3/4 de réduction. Elles utilisent la géothermie, la chaleur de la croute terrestre, pour chauffer et climatiser les immeubles. Voir choix de géothermie.

Il existe aussi des thermopompes pour la production d’eau chaude. L’énergie requise pour la production d’eau chaude représente de 175 à 450$ par année selon les familles et le nombre d’occupants. L’utilisation d’une thermopompe permet de retirer de l’énergie dans une pièce qu’on veut climatiser en été pour l’emmagasiner dans l’eau chaude. On peut aussi envisager de la combiner avec l’énergie solaire en retirant l’énergie d’une pièce surchauffée par le soleil pour chauffer l’eau. Voir chauffe-eau thermodynamique.

Certaines personnes favorisent les chauffe-eaux instantanés pour réduire les pertes de chaleur des chauffe-eaux, mais les chauffe-eaux instantanés électriques ne sont pas assez puissants et les pertes d’énergies des réservoirs des chauffe-eaux ne représentent qu’environ 10$ d’électricité par année.  Voir chauffe-eau instantanné.

Aussi la compagnie Giant a mis sur le marché son chauffe-eau Ecopeak pour réduire les pointes en demande d’énergie. Cette approche est louable, mais elle n’a aucun intérêt pour les économies d’énergie. Voir chauffe-eau Ecopeak.

Pour ce qui est de réduire la consommation des électroménagers, la certification Energy Star demeure une référence fiable pour obtenir des équipements moins énergivores. Les luminaires LED sont aussi à la fois plus durables et beaucoup moins énergivores. Pour une question de santé, choisissez des LED ayant un spectre lumineux semblable à la lumière naturelle.

Se mettre en mode récupération d’énergie. Une habitation rejette de l’énergie lors de l’évacuation d’air chaud vicié par la ventilation mécanique et par l’évacuation d’eau chaude dans les égouts. Il existe deux systèmes couramment utilisés pour récupérer une partie de l’énergie rejetée dans l’air et dans l’eau.

Récupérer l’énergie de l’air évacué. Pour cela, on utilise un ventilateur récupérateur de chaleur (VRC) qui peut récupérer environ 75% de l’énergie évacuée par la ventilation des pièces dont la salle de bains. Malheureusement, le VRC n’est pas relié aux hottes de cuisinières et aux sécheuses. Voir choix de VRC.
Solutions. L’utilisation de plus en plus courante des fours à micro-ondes réduit fortement l’utilisation des hottes de cuisine et le retour des sécheuses à condensation, sans évacuation extérieure, permet aussi de récupérer la chaleur de la sécheuse pour chauffer les immeubles.

Récupérer l’énergie de l’eau évacuée. Les douches demeurent les plus grandes consommatrices d’eau chaude. Il existe un tuyau de cuivre qui transmet la chaleur de l’eau en provenance du drain de la douche vers l’eau froide qui alimente la douche, permettant de récupérer près de 50% de l’énergie rejetée sans contamination de l’eau. Ce récupérateur de chaleur se nomme le «Power Pipe». Il ne fonctionne qu’avec la douche car il faut que la montée d’eau froide se produise simultanément avec la descente de l’eau chaude pour qu’il y ait un échange de chaleur. Voir Power-Pipe.

Se mettre en mode production d’énergie propre. L’énergie solaire photovoltaïque (produisant de l’électricité) constitue probablement l’énergie propre et renouvelable par excellence pour le futur. C’est une énergie qui ne nécessite aucune technologie mobile (donc à faible entretien), qui peut être produite localement à très petite échelle ou à très grande échelle et elle est relativement disponible partout sur la planète. Cela dit, si son coût est concurrentiel dans plusieurs pays où l’électricité coûte 0.30$ du kilowatt-heure, elle est encore peu concurrentielle au Québec où nous payons environ 0,08$ le kw-hr.

Cela ne nous empêche pas de profiter de l’énergie solaire thermique par une bonne conception de la fenestration (énergie solaire thermique passive). Pour les chauffe-eaux solaires domestiques, la rentabilité demeure incertaine car il faut une excellente orientation et elle s’étend au-delà de 10 ans, alors en cas de bris, la rentabilité peut-être nulle ou très longue à atteindre. Voir choix de chauffe-eau solaire.

6.0 Choix de site écologique

Le choix d’un site a un grand impact sur l’environnement. Plus le site est urbain, plus il a des avantages environnementaux.
La haute densité d’occupation d’un territoire favorise l’économie d’énergie et la réduction des gaz à effet de serre de diverses façons:
– les déplacements sont plus courts pour les services courants: épiceries, pharmacies, banques, services de santé, quincailleries, services sociaux, parcs, écoles, librairies, garderies,etc.
– elle rentabilise le transport en commun et facilite l’usage de la marche, de la bicyclette ou de petits véhicules électriques
– elle facilite la mise en commun d’équipements neufs ou usagés: autopartage, location, magasins de produits usagés (équipements, mobilier, livres, vêtements, etc), services publics (bibliothèques, centres de compostage, etc.)
– elle augmente l’efficacité des services publics: ramassage des ordures et déchets recyclables, traitement des eaux usées, poste, déneigement, électricité, etc.

7.0 Choix d’immeuble écologique
La haute densité d’occupants dans un immeuble favorise l’économie d’énergie, la réduction des gaz à effet de serre, la préservation de l’environnement naturel et la durée de vie des immeubles.
Comparativement à une maison unifamiliale, un logement dans un immeuble multifamilial à étages multiples:
– économise l’énergie de chauffage et climatisation
– réduit l’empreinte au sol de l’immeuble et du stationnement
– réduit la superficie de sol naturel occupé ou minéralisé par logement
– facilite l’implantation de services publics de proximité et les relations d’entraides familiales
-réduit le volume de matériaux utilisés et augmente la durée des matériaux en réduisant leur exposition aux intempéries.

La rénovation ou le recyclage d’un immeuble existant est aussi un geste foncièrement écologique car il évite sa démolition et l’envoi de matériaux polluants dans des centres d’enfouissement.

8.0 La coopérative d’habitation comme choix écologique
3spheresDans l’ensemble, les coopératives d’habitation ont une très forte base écologique car la grande majorité des coopératives est de type multifamiliale et implantée dans des sites urbains ou qui bénéficient de services de proximité. Plusieurs coops sont aussi aménagées dans des immeubles rénovés contribuant à leur conservation.

De plus:
– les coops d’habitation sont des organismes durables. Après 10 ans d’existence, le taux de survie des coopératives en générale est de 2,5 fois plus élevé que celui des entreprises privées et parmi les coopératives, les coopératives d’habitation sont celles qui ont le plus haut taux de survie.
_cohabitat-quebec cour– la coop d’habitation est un organisme sensible à son environnement physique et humain. Par leur proximité et l’appropriation des lieux, les membres se sentent plus concernés par les problèmes physiques et humains. Ils peuvent intervenir plus rapidement pour le maintien en bon état de l’immeuble, de son environnement et du climat social.
– la coop d’habitation favorise le partage de biens, de services et d’informations. Par le réseau des coopératives, les coops bénéficient de l’expérience d’autres coopératives pour faire des choix éclairés.
– la coop d’habitation favorise la mixité sociale. Ceci diversifie les liens sociaux et favorise la cohésion sociale, propice au développement durable.

9.0 Immeubles existants: entretien et prévention

Les dommages aux immeubles et les problèmes de santé relatifs aux immeubles sont à 95% causés par des infiltrations d’eau venant de l’extérieur, par la condensation de l’humidité intérieure ou par des fuites d’eau venant de la plomberie.
Ce constat nous amène à poser ces gestes préventifs:
– une inspection annuelle des calfeutrages des fenêtres, des bases de toilettes, des contours de bains, des robinets de douches, du dessous des éviers et lavabos, de la base des chauffe-eau ainsi que de la toiture.
– un suivi régulier auprès des membres sur les problèmes d’infiltration d’eau par les fenêtres, le décollement de peinture sous les toits, les mauvaises odeurs dans le sous-sol ou au rez-de-chaussée, la présence de moisissure sur les murs extérieurs.
– l’installation de systèmes de détection d’eau, principalement sous les lessiveuses et le chauffe-eau.
-l’entretien des parements extérieurs et des fissures dans les fondations.
-la réparation des fissures dans le pavage extérieur

L’absence d’humidité dans les murs, plafonds et planchers réduit aussi la présence des fourmis et autres insectes, réduisant l’usage d’insecticides dans l’immeuble et des frais de services spécialisés.

Isoler aux bons endroits. L’isolation du toit demeure souvent la pratique la plus simple et la plus rentable lorsqu’elle ne nécessite pas de travaux supplémentaires. Cependant, on oublie parfois la trappe d’accès au toit qui peut être un lieu de perte d’énergie et de fuite d’humidité vers l’entretoit. Il existe aujourd’hui des trappes préfabriquées plus efficaces que les anciennes. Voir trappe d’entretoit isolée.

10.0 Choix de produits et services pour le développement durable
Il existe de nombreux critères qui favorisent le développement durable. Chaque geste peut favoriser un ou plusieurs critères, mais il est très rare, voire impossible de tous les respecter. L’important est dans l’équilibre.

Produits et services locaux. Les produits et services locaux génèrent souvent moins de GES et supportent le développement d’entreprises de proximité.
Produits durables et à faible entretien. Les produits qui demandent de l’entretien régulier sont plus sujets à la dégradation, surtout lorsqu’il y a de la négligence. Les produits d’entretien récurrents peuvent aussi devenir des polluants récurrents.
Produits à faibles COV. Les composés organiques volatils (COV) sont principalement des gaz provenant de solvants qui sont dégagés dans l’air après l’installation d’un produit. Il existe aujourd’hui de nombreux produits à très faible dégagements : peintures et vernis, panneaux de particules, revêtements de planchers en vinyles, calfeutrages, colles, isolants, etc.
Il est à noter que les bois résineux émettent des COV naturels (terpènes) durant plusieurs années et que certaines personnes y sont très sensibles. Un produit naturel n’est pas sans COV.
Produits à faible énergie grise. L’énergie grise est l’énergie requise pour produire, transporter, installer, enlever et se départir écologiquement d’un produit. Elle évalue l’énergie requise pour l’ensemble de son cycle de vie.
Produits biodégradables. Les produits biodégradables sont généralement souhaitables s’ils sont durables et à faible entretien. Le bois a la particularité de fixer le CO2, donc sont usage enlève ce GES de l’atmosphère. Cependant, son utilisation doit se faire à partir de forêts bien gérées (certification FSC ou autre) et de bois locaux pour éviter la déforestation.
Produits recyclables. Certains produits, comme les tapis sont recyclables, mais ne sont pas recyclés par l’industrie.
Produits recyclés. Il y a des produits qui sont véritablement recyclés à partir d’une ressource en fin de vie (pneus, verre, plastique, papier, etc.) et il y a des produits fabriqués à partir des pertes industrielles produites lors de leur fabrication (bois, asphalte). Les premiers sont plus bénéfiques pour l’environnement.
Produits à faible champs électromagnétiques. Des études sur l’impact des champs électromagnétiques, du WIFI, des téléphones cellulaires et des microondes sur le monde vivant sont faites à travers le monde depuis plus de 30 ans. Nous savons qu’il y a des dangers importants et qu’il faut réduire notre exposition, ceci particulièrement pour les enfants, les femmes enceintes et les malades. Des personnes sont devenues hypersensibles aux champs électromagnétiques et aux ondes à cause d’une trop forte exposition et des normes existent pour réduire les risques.
Solutions. Différentes approches existent pour réduire l’exposition des personnes: meilleure conception des circuits électriques, positionnement des équipements électroménagers, plaques protectrices, mais d’abord choisir des produits à faibles émissions. Pour les planchers radiants électriques choisissez les produits ayant un champs électromagnétique de moins de 4 milligauss au niveau du plancher.

11.0 Assurer une bonne qualité d’air
Une mauvaise qualité d’air peut entraîner des problèmes de santé qui ne sont pas spécifiques tels que: maux de têtes, vomissements, irritations cutanées, toux, allergies, bronchites chroniques, fatigue chronique, etc.
Quelques soient la source et les symptômes associés à une mauvaise qualité d’air, la meilleure façon de l’identifier est de comparer les symptômes lorsque la personne est dans son logement et lorsqu’elle va travailler ou dormir ailleurs.

Les polluants chimiques. Six mois après la construction d’un immeuble, la majorité des COV provenant des solvants des matériaux s’est dissipée et s’amenuise graduellement. Par la suite, la mauvaise qualité d’air provient surtout de ce qu’on entre dans la maison au quotidien. Il faut donc commencer par réduire ces apports réguliers qui se retrouvent dans l’air intérieur en provenance des produits d’entretien, des parfums, de la cigarette, de l’encens, des parfumeurs d’air, du nettoyage à sec, des produits antitaches, du mobilier et des électroménagers en plastiques comme les télévisions et les ordinateurs.
Solution. Les polluants chimiques peuvent être partiellement neutralisés par un traitement d’air aux UV, mais surtout par dilution avec la ventilation mécanique, pour en réduire la concentration et l’impact sur la santé.

Les polluants physiques et organiques comme la poussière, le pollen et les spores se déposent sur les surfaces horizontales et se mettent à virevolter dans l’air dès qu’on circule dans la maison. Ils s’accumulent surtout dans les tapis et la literie.
Solution. Éliminer les tapis et utiliser la vadrouille humide pour ramasser la poussière. L’aspirateur propulse la poussière fine dans l’air et ne ramasse que les grosses poussières et les détritus. L’utilisation d’un aspirateur avec un filtre HEPA pour les poussières fines ou d’un aspirateur central rejetant les poussières fines à l’extérieur est un bon choix, mais moins que la vadrouille et le balai.
Pour la literie, utiliser des housses amovibles et lavables pour les douillettes.

Les moisissures. Les moisissures sont des champignons présents dans l’air sous forme de spores. Les spores des moisissures sont transportées dans les maisons par les courants d’air, les humains et les animaux domestiques. Pour croître, les spores ont besoin d’eau, d’air, de chaleur et de matière nutritive comme la poussière organique ou le carton des panneaux de gypse.
Certaines spores sont simplement irritantes, mais d’autres sont très toxiques si elles sont en grande quantité.
Dans les maisons, les moisissures se retrouvent surtout là où il y a de la condensation ou présence d’eau donc dans les sous-sols, sous les toits, dans les murs mal isolés ou sous les fenêtres peu étanches, près de la tuyauterie et des sources d’humidité.
Solutions. Il n’est pas nécessaire d’identifier les moisissures présentes. Lorsque la moisissure est visible et en petite quantité, comme au bas des fenêtres, on peut simplement la nettoyer avec un détergent, mais lorsqu’elle est en grande quantité et qu’elle affecte en profondeur des surfaces poreuses comme du carton ou du gypse, il faut enlever délicatement le matériau pour éviter de propager les spores et le jeter.
Une firme spécialisée en décontamination peut être requise si le problème est majeur.
Par la suite, il faut régler le problème d’humidité excessive par la ventilation, l’obstruction des fissures ou l’isolation des murs.
Quoi faire en cas de dégât d’eau. Pour les dégâts majeurs, votre compagnie d’assurance demandera à une firme d’experts de décontaminer les lieux.Un petit problème occasionnel de débordement de lavabo ou de toilette cause rarement un problème de moisissure important car la surface doit rester mouillée de 48 à 72 heures avant de commencer à moisir.
Les problèmes les plus insidieux sont ceux qu’on ne voient pas et qui proviennent de petites sources d’eau régulières comme la condensation sur les tuyaux, les infiltrations par les fenêtres ou les fissures, la condensation dans les murs mal isolés, qui prennent lentement de l’ampleur et peuvent prendre des mois avant de se manifester.

Le radon. Le radon est un gaz radioactif naturel produit dans le sol et qui peut s’infiltrer dans les maisons par le sous-sol. En 2017, selon Santé Canada, le radon serait responsable de 16 % des décès par cancer du poumon.
Toutefois, selon des chercheurs de l’Université Harvard, ce chiffre pourrait être fortement surestimé car il pourrait inclure d’autres sources de polluants cancérigènes comme le diésel.
Cela dit, ce n’est pas une raison pour négliger la situation. Santé Canada estime que 24 % des maisons de Sherbrooke et 9 % des maisons de l’Estrie dépassent la norme sécuritaire de 200 becquerels par mètre cube (Bq/m3).
L’évaluation de cette concentration se fait à l’aide d’un détecteur de radon qu’on peut se procurer dans des magasins à grande surface pour environ 35$. L’appareil doit être installé pendant au moins trois mois en période de chauffage, dans la pièce habitée au plus bas niveau du bâtiment. L’appareil pourra ensuite être envoyé par la poste ou à une entreprise locale pour être analysé dans un laboratoire certifié. Le coût de l’analyse est d’environ 40$. Il n’est pas nécessaire de répéter cette expérience périodiquement car, sauf exceptions, les émanations de radon sont stables d’une année à l’autre.
Solutions. Il s’agit de capter le gaz sous la dalle de béton du sous-sol à l’aide d’un tuyau perforé et de l’expulser à l’extérieur avec d’un ventilateur ou de manière passive en fonction de la gravité du problème. En rénovation, le coût des travaux peut varier de 1 500 à 2 500$. Voir prévention radon.

12.0 Construction neuve: peut-on faire plus durable ?
La construction en neuf peut sembler plus propice que la rénovation pour faire des choix plus durables, mais les exigences du financement public et les loyers économiques des coopératives d’habitation limitent grandement les choix.
Cela dit, il existe des possibilités qu’il faut connaître lorsque les opportunités se présentent. En voici quelques unes.

Toits verts, toits blancs, toits-jardins. Les toitures «écologiques» sont souvent citées dans les médias comme solutions aux îlots de chaleur ou pour la production alimentaire de proximité.

Les toits verts ont été conçus initialement comme de simples surfaces végétalisées avec des plantes sans entretien, très résistantes à la chaleur et à la sécheresse ainsi qu’aux grands froids. On s’est vite aperçu que cette approche était peu réaliste car les plants ont besoin d’eau durant les sécheresses et d’un minimum d’entretien pour survivre. De plus, ils ajoutent un poids important sur le toit, rendant difficile les réparations de la membrane, n’ajoutant pas de fraîcheur à l’immeuble ni de lieu de détente car on ne peut pas circuler dessus. Voilà pourquoi les toits verts ont été remplacés par deux approches distinctes: les toits blancs et les toits-jardins en bacs.

Les toits blancs sont de simples membranes qui réfléchissent la lumière et n’accumulent pas de chaleur. Ils sont surtout utiles dans les zones industrielles, commerciales ou de très forte densité afin de réduire les îlots de chaleur urbains. Comme ils coûtent 15% de plus que les membranes élastomères gris pâle sans être plus durables, ils ont moins d’intérêt pour les coopératives d’habitation situées dans des région de densité moyenne et n’apportent pas de réelles économies de climatisation lorsque les toits sont bien isolés.

Les toits-jardins. Contrairement aux terrains des milieux urbains, les toits sont des lieux très ensoleillés et propices à la culture potagère. Plutôt que de faire vivoter des lichens sur le toit, il est possible d’installer des bacs de terre amovibles, disposés à des endroits précis pour ne pas affaiblir la structure et d’y faire pousser des légumes entre des caillebotis amovibles où l’on circule. On peut même faire grimper les plants sur des treillis et des pergolas pour créer des lieux ombragés et bucoliques. Les bacs peuvent être arrosés et fertilisés automatiquement afin de réduire la tâche d’entretien. Cela dit, ce concept nécessite un édicule d’accès au toit ainsi que des clôtures de sécurité autour de la zone jardin. Voir toits verts.

Murs verts et végétalisés. Des technologies permettent de réaliser des murs avec un milieu de culture pour des végétaux et pouvant être aménagés à l’intérieur ou à l’extérieur. Ce sont des technologies très coûteuses pour la réalisation et l’entretien et qui demeurent incertaines. L’utilisation de plantes grimpantes rustiques sur les murs extérieurs et de plantes d’intérieures en pots ont les mêmes vertus tout en étant beaucoup plus économiques et résistantes. Voir murs verts rustiques.

Économies d’énergies et efficacité énergétique.
Ajouter de l’isolant. Les normes actuelles d’isolation sont déterminées pour l’industrie de la construction neuve selon des objectifs à moyen terme, mais elles peuvent être augmentées tout en étant plus économiques et plus écologiques à long terme.

L’énergie solaire passive. Dans un bâtiment bien isolé, l’énergie solaire qui entre par les fenêtres peut procurer 35% des besoins en chauffage de l’immeuble. Cependant, dans le cas d’un immeuble à logements multiples qui doit s’insérer dans une trame urbaine bien définie, il est difficile d’orienter l’immeuble selon l’ensoleillement optimal et comme les logements sont souvent disposés sur des côtés opposés la répartition de l’ensoleillement par logement est complexe. Sauf exceptions, il est préférable d’utiliser des fenêtres à triple vitrages pour conserver davantage la chaleur que de miser sur un apport important d’énergie solaire passive.

La géothermie et le chauffage radiant. Lorsque les coûts d’électricité et de chauffage sont inclus dans le loyer, il peut être très avantageux de chauffer le rez-de-chaussée par un chauffage radiant dans la dalle de béton, alimenté par une thermopompe géothermique. Une thermopompe géothermique peut réduire de 70% les coûts de chauffage de ces unités sans ajouter de frais importants d’installation pour le chauffage radiant car les conduits sont coulés dans la dalle de béton. La thermopompe géothermique peut aussi préchauffer l’eau chaude domestique dans un grand réservoir commun pour tous les logements de l’immeuble. Pour le chauffage des étages, on peut simplement utiliser des plinthes électriques dans chaque pièce pour bien moduler la température.

Récupération des eaux usées. Il existe maintenant des systèmes approuvés de traitement et de récupération des eaux grises (pas celle des toilettes) pouvant être réutilisées pour alimentées les toilettes. On récupère ainsi l’eau, mais aussi l’énergie contenue dans cette eau. En hiver, l’eau potable entre à 1’C dans les immeubles et en ressort à 18’C. Faire recirculer cette eau permet de réduire cette perte d’énergie. Le système québécois s’appelle Aquartis. Voir Aquartis.

Des matériaux plus permanents. Le choix de matériaux ayant une plus longue durée favorise le développement durable.
Toitures acier. Lorsque le budget et le design le permettent, on peut remplacer les bardeaux d’asphaltes des toits inclinés par un toit d’acier prépeint qui durera beaucoup plus longtemps et qui ne coûtera pas plus cher sur l’ensemble de sa durée de vie.

Comptoirs de céramique. Avec la venue de tuiles de grands formats de 1pied X 2pieds et des joints à l’époxy, la réalisation de comptoirs de céramique serait beaucoup plus durable dans les coopératives que les comptoirs communs en stratifié prémoulé.

Aluminium: escaliers, balcons, revêtements. L’aluminium est un produit 100% recyclable, presque 100% recyclé et très durable à l’extérieur. On l’utilise pour la fabrication d’escaliers, de garde-corps, de planchers de balcons, de fenêtres, de revêtements de toitures et de murs extérieurs. C’est aussi un produit québécois. Avec le bois, c’est un des produits phares du développement durable au Québec. Voir produits d’aluminium.

Le partage comme approche durable. Ce qui est partagé réduit généralement la consommation et augmente l’efficacité.

Espaces communautaires. Le programme de financement AccèsLogis permet de réaliser une salle communautaire dans les coopératives si les coûts de construction de celle-ci ne nuisent pas à la rentabilité du projet. Une salle communautaire est un lieu qui favorise les échanges d’information et le partage de biens ou de services qui soutiennent le développement durable de la coopérative.

Automobiles électriques. La coopérative peut acheter un petit nombre d’automobiles électriques pour les louer à ses membres en autopartage. Chaque automobile en autopartage élimine deux automobiles et deux cases supplémentaires faisant économiser 5 000$ par case de stationnement tout en dégageant de l’espace de verdure. De plus, comme les automobiles électriques sont très peu coûteuses à faire circuler et en frais d’entretien, la coopérative pourrait charger des frais suffisants pour faire de légers bénéfices. Une approche véritablement Win-Win-Win pour la coop, le membre et l’environnement. Cependant,  l’auto électrique n’est pas une panacée environnementale. Le transport en commun demeure le champion de l’environnement, après le vélo et la marche. Voir automobile électrique.

Aménagement durable par l’adaptabilité. L’habitat n’est pas seulement un lieu qui offre une protection contre les intempéries et les intrus. Certaines personnes passent 95% de leur temps dans leur logement. En ce sens, le logement est un environnement qui doit supporter les activités, les besoins, les sentiments et les aspirations humaines. Lorsque ces besoins changent, l’humain cherche à modifier son espace pour qu’il corresponde à ses nouvelles aspirations. Voilà pourquoi un logement qui s’adapte facilement aux changements et aux divers occupants est considéré comme plus durable.

L’exemple le plus évident est l’adaptation de domicile pour les personnes en perte d’autonomie. Aujourd’hui, les codes du bâtiment demandent à ce que davantage d’appartements soient accessibles en fauteuil roulant jusqu’à l’intérieur des logements. De plus, on doit prévoir des fonds de clouage dans les salles de bains pour faciliter la fixation de barres d’appui solides à peu de frais.

On conçoit aussi des systèmes amovibles pour transformer des logements en fonction des besoins de jour et de nuit.
Voir MoveHome.

Cette approche touche aussi les matériaux de construction. Des matériaux amovibles qu’on peut enlever pour faire des réparations et replacer ensuite ont un plus haut potentiel de durabilité que des matériaux qu’il faut détruire. On peut penser aux planches de vinyle emboîtables ou aux dalles de béton préfabriquées pour la réalisation des trottoirs.
Voir dalles de béton préfabriquées.

13.0 Créer un environnement supportant la biodiversité
En ville comme en banlieue, il est possible de concevoir un aménagement extérieur qui supporte la biodiversité tout en créant des environnements agréables pour les occupants. Dans une coopérative d’habitation ce type de projet est souvent rassembleur.

Permaculture: un environnement durable et à faible entretien. L’utilisation de plants rustiques en fonction de l’ensoleillement et des types de sols permet de créé un environnement durable en permaculture qui requiert un faible entretien et qui supporte la faune locale durant toutes les saisons.

Le compostage pour favoriser la vie. Les sols urbains sont de moins en moins habités par les micro-organismes qui rendent les sols riches et fertiles. Lorsque les lieux s’y prêtent, l’aménagement d’un grand bac à compostage demeure très utile pour créer un compost riche en micro-organismes qui viendra enrichir les terrains. Voir composteur en conteneur.

Récupérer les feuilles mortes. Lorsqu’on dispose d’un endroit pour entreposer les feuilles mortes elles peuvent être utiles de plusieurs façons pour protéger les végétaux sensibles au gel, favoriser certains insectes et micro-organismes bénéfiques, alimenter le compost ou créer de l’humus.

Un environnement dynamique permanent. La présence d’arbres, d’arbustes et de sols vivants nous donnent l’occasion de profiter d’un spectacle permanent dont les oiseaux sont les acteurs les plus colorés.
La création de ces lieux de vie à proximité des résidences de personnes âgées où le spectacle permanent des oiseaux, 12 mois par année, vient égayer la vie des personnes souffrant de solitude. Voir environnement durable.

14.0 Conclusions
Malgré la volonté manifeste des coopératives d’habitation d’investir dans le développement durable, le manque de moyens financiers et la mission d’offrir à court et long termes des loyers économiques limitent fortement les interventions possibles ayant un fort impact environnemental sur les immeubles et les terrains. Les interventions les plus logiques demeurent:
– Le maintien de l’immeuble en bon état, incluant l’aménagement du terrain
– Le choix de produits sains, durables et à haute efficacité énergétique lors du remplacement de composantes
– Encourager les membres à utiliser des produits sains pour l’environnement, à recycler les produits recyclables et à réduire la consommation de produits recyclables (emballages) ou non recyclables.

coupe immeuble typeIl existe des exemples dont on peut s’inspirer:
Cohabitat Québec à Québec
Loggia urbaine à Longueuil
Petit Quartier à Sherbrooke

Cela dit, par ses valeurs rassembleuses pour l’équité, l’inclusion, le partage et l’autonomisation, l’impact social des coopératives d’habitation sur le développement durable de l’ensemble de la communauté environnante est aussi, sinon plus important que sa gestion immobilière.

Par Yves Perrier 2018/11/14